L'obligation légale de tri des biodéchets pour tous les foyers, entrée en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2024, a poussé la commune à expérimenter une solution adaptée aux logements collectifs. Six mois après le démarrage, l'évaluation est positive — et les questions, nombreuses pour la suite.

Le dispositif

Trois immeubles de la résidence des Tilleuls (gérée par le bailleur social Lorraine Habitat) ont été équipés en novembre 2025 de bacs de compostage collectifs : un grand bac d'apport, un bac de maturation, un bac de structurant (broyat). Chaque foyer participant a reçu un bioseau de cinq litres pour la cuisine, et une formation d'une demi-heure assurée par un maître-composteur de Grand Nancy Métropole.

Sur les 38 foyers concernés, 24 ont rejoint le dispositif, soit un taux d'adhésion de 63 %. Au-delà des attentes : les expériences similaires en France tournent généralement entre 30 et 45 %.

Les chiffres à six mois

Ce qui a bien fonctionné

Premier point : la présence d'un référent par immeuble. Les trois personnes volontaires (deux retraitées, une jeune active en télétravail) jouent un rôle clé : elles surveillent le bac, répondent aux questions, signalent les problèmes. C'est ce qui fait la différence avec les expériences ratées d'autres communes.

Deuxième point : le retour de compost mûr aux participants. Au printemps, chaque foyer participant a pu repartir avec un seau de compost pour ses jardinières ou son potager. Effet psychologique fort — le geste de tri devient concret.

Tri : ce qui va dans le bac, ce qui n'y va pas Oui : épluchures, marc de café, sachets de thé sans agrafe, coquilles d'œufs broyées, restes de fruits et légumes, pain rassis.
Non : viande, poisson, produits laitiers, agrumes en grande quantité, plastiques (même biosourcés), cendres de cigarette.

Les points à améliorer

L'été reste la période d'inquiétude : risque accru d'odeurs et de moucherons. Les bacs ont été équipés en mars d'un système de couvercle ventilé pour anticiper. Un suivi rapproché est prévu de juin à septembre.

L'information des nouveaux arrivants est l'autre angle mort : sur les trois rotations de locataires intervenues depuis novembre, une seule famille a rejoint le dispositif. Le bailleur a accepté d'intégrer le compostage à son livret d'accueil.

L'extension aux pavillons

Plusieurs pavillonnaires ont demandé à bénéficier d'un soutien analogue pour démarrer leur propre compost individuel. La commune va distribuer cinquante composteurs en bois (modèle 600 litres) à tarif préférentiel — 25 €, contre 90 € en jardinerie — sur inscription en mairie avant le 31 mai. Un atelier collectif de montage et de mise en route sera proposé le samedi 6 juin matin, dans la cour de la mairie.

Atelier complémentaire le 18 mai à 18h30 au jardin partagé du Haut-Bois : « Bien démarrer son compost », ouvert à tous, gratuit, places limitées à vingt personnes (réservation par e-mail).